Jeux de Trains
(roman)
Stephen Davies
Ce roman n'est achevé ni inachevé; il est déjà bel et bien concluant dans son présent état d'achèvement, cependant je pense à l'insertion d'un personnage de plus dès le début, c'est à dire un détective. Et je pense également à y ajouter par-dessus le marché des fils supplémentaires dans le complot. Les considérations étayant l'inclusion de Jeux de Trains dans cette zone sont donc basées sur la quête d'une parution éventuelle en copie dure.
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CHAPITRE PREMIER
Gerry s'effondra dans son siège d'Intercity, l'air un peu dans les vapes et fumasse du chichi-gratin faramineux de la capitale. Elevée douillette et toujours quelque peu nombrilique sur les bords malgré sa persona carrément noceuse elle n'était pas faite pour la vie mouvementée et parfois cahotée des grandes villes. Elle était mariée depuis deux ans mais ne portait pas d'alliance puisqu'elle détestait son conjoint pour avoir tenté d'amadouer son goût de la vie. Leur divorce était imminent.
A l'âge de vingt-cinq ans Gerry s'escrimait constamment à réintégrer son indépendance à travers tous ses rencontres, rendez-vous et liaisons, lesquels à l'exception près des arrangements professionnels ne touchaient qu'au secteur mâle de la population. Branchée minette depuis son adolescence en dépit d'une domiciliation miteuse au robinet qui fuit et au poêle délabré qu'elle louait et loue toujours à la semaine, où elle ne recevait jamais et ne reçoit encore, si Gerry n'est pas encore riche elle a pour ainsi dire du chien. Ayant redoublé deux fois dans une boîte à bachot où elle se payait l'horaire à la carte afin de s'épargner des logarithmes, algorythmes (comment ça s'épelle alors?), des racines carrées et tout ce toutim, mais s'étant établie à son compte dans l'intervalle elle se targue quand même de n'avoir jamais eu recours à la protection sociale.
Le samedi où Gerry rencontra Michael vers la fin d'octobre de l'an passé elle fut tout lessivée, donc moins bavarde que la normale. Nageant dans ses nippes, son regard paraissait plongé quelque part à l'intérieur lors de la quasi-totalité du trajet et ce fut cette profondeur présumée qui attira les attentions amoureuses de Michael et qui le poussa au dernier moment à lui flanquer une carte de visite portant ses coordonnées à la faveur de Yorkshire Fastrans, la société de chemin de fer à laquelle appartenait le convoi passager où on était incorporés depuis Londres jusqu'à Little Brantwhistle. Le hasard voulut qu'ils habitèrent jusqu'au même petit coin de ce Trifouillis-les-Oies anglo-saxon, mais se foutant complètement du hasard Michael insista que Gerry lui refilât un coup de bigo ce soir même, en lui faussant compagnie dès qu'ils eurent quitté le wagon.
Par-dessus le hurlement perçant des freins d'un autre train arrivant en provenance de la direction opposée Gerry lui cria après,
--Hé, Mickey Micheton, sachez bien que j'peux pas sortir ce soir, histoire d'une affaire zarbie que vous ne comprendriez pas du tout. Sachez aussi que je baise à droite et à gauche et, si ceci ne vous défrise pas, je serai heureuse de vous connaître mieux. Ciao.
Eberlué, Michael se contenta d'esquisser un signe de main qui se traduirait comme 'Au poil', 'Super' ou quelque chose de la sorte. Retrouvant la parole à l'instant même où les deux convois s'ébranlèrent Michael se dit sur un ton bas, <<Bordel, elle est cinglée, cette gonzesse.>>
* * *