En écartant un peu sa jambe droite avec une suggestion un peu paresseuse, Gerry remonte sa jupe, lui offrant sa cuisse toute nue qu'elle tape fort d'une main à encaisser de bonnes fessées, laquelle elle porte sans hésiter sur le cul firme et bien formé de Michael, sur lequel elle braque un regard de convoitise à mesure que la toile de son pantalon caresse ses fesses, à quelques centimètres du bout de son nez.
--Eh bien, ça me fait plaisir de voir que tu n'as pas oublié ma manie du regard...
--Regardez, monsieur. Je suis née pour faire plaisir aux hommes comme vous.
Michael se balance dans un geste maladroit qui frotte un peu plus que nécessaire la chair que Gerry vient de lui dévoiler, tend le cou en arrière pour lui planter le regard le plus vapeureux qu'il peut réunir. Mais la tête de Gerry est déjà tournée vers James, qu'elle adresse sur un ton à la fois enjoué et chargé d'ironie:
--Dis donc mon pote, quelle mouche te pique, hein? Et, se déhanchant impudiquement, Ça te défrise alors? Puis, à Michael:
--Patience, monsieur, je serai à vous au bout d'un instant.
Les yeux fulgurants, son regard braqué quelque part entre la figure de Gerry et celle de son rival, James ne peut se contenir de lâcher,
--Vous êtes montée quand même d'un sacré culot, quoi!
--Mais viens mon chéri pourquoi tu me vouvois?
--Parce que je vous vois. Vous me faites chier.1
--Comment cela chéri?
--Je vais chier.2
Furax et toujours bandant comme un Turc, James décampe en direction de l'urinoir. Mais monté comme ça, pas question de se soulager en public; s'étant enfermé dans un cabinet il vient à bout du cours entamé par Gerry, faisant cinq contre un jusqu'à ce que ça décharge puis sort sans se décrasser, la preuve, quoique in extremis du côté branlard de son caractère. Gerry revisite une fois encore le sourire en cire ineffable de Michael, qui se fout de son patron comme de l'an quarante. Compte tenu de leur nouvelle intimité, Gerry constate que le sourire ne doit plus manquer de toute sincérité, perçoit quand même un arrière-train franchement sournois. Jugulant ses pulsions sexuelles, Michael se laisse éprendre par son imagination débridée et carrément détraquée, qui mélange la scène qu'il vient d'importuner avec les témoignages pervers de sa collection de cinéphile dans une étreinte entre Gerry et James à l'horizontale et liée à une traverse de chemin de fer. Levant le bras gauche et tirant sur sa manchette de la main droite, Michael plante sa fausse Rolex sous le nez un peu déçu de cette femme qu'il ne connaît vraiment ni d'Eve ni d'Adam, et dont il ignore même jusqu'à la profession pour enchaîner,
--Hé là Gerry, c'est presque l'heure du train. Je dis 'presque' parce qu'on y aura dix minutes et des poussières à tuer, alors là, c'est à peine si on se retrouvera en panne d'idées quoi...
Soulagé et calmé, James se plante dans l'encadrement de la porte de la salle. Au fur et à mesure que Gerry s'arrange pour foutre le camp avec Michael au bout de sa laisse, James constate des tiraillements au bidon qui tentent en quelque sorte de rétablir l'intimité de leur couple. Dans le cas où leurs caresses et pelotage aient été passés à l'acte, cela apporterait davantage de sens à Gerry, puisqu'elle aussi commence à avoir des tiraillements.
--Au revoir James... ...et à la prochaine, chéri.
Leurs boissons toujours vierges mais au demeurant éventées sur la table, James se met en tête d'aller se cuiter par vengeance.
--A la proche haine.
Tiraillés entre la proche haine et la prochaineté, ni l'un ni l'autre ne s'affiche pour posséder le moment; Gerry s'arrange pour un petit bécot sur la joue et niveau self-control James fait un sans-faute, n'ose pas bloquer leur sortie.