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<<Toi et moi, on plane sur deux longueurs d'ondes différentes.>> fait Gerry à travers un regard aussi triste que profond. Son regard, puis ses pensées virent sur la table voisine, où les Viennois ont décampé non sans y laisser traîner l'auréole mélancolique qui les entourait et qui traîne un peu partout dans leur ville natale.

            On est arrivés à la fin du mois de février toujours en couple, mais ceci ric-rac. Gerry n'est plus enrhumée et, suivant de nombreuses visites de la part de la police, a hérité à priori la cinémathèque censurée et un peu atypique de Michael qui a fait de Gerry, soit contumace, sa plus proche parente et de sa femme une disparue présumée morte. Gerry vient de conclure que son nouveau marcel déjanté est en prime prêt à tout et bon à rien. A savoir, si les enquêtes entamées par Fastrans et la police l'innocentent il finira dans la merde à lui seul, n'ayant plus l'ombre de la confiance qui était la sienne lors de son tour de service chez Fastrans. Pour la première fois de sa vie il se voit dans le coup en proie à des préoccupations financières, ne savant rien de l'héritage imminent de son épouse projetée ni de la petite annonce projetée par celle-ci à destination du Courrier du Coeur. En tout cas cette fortune est déjà galvaudée dans la tête de Gerry, qu'on surprit souvent à lécher une vitrine à exposition des matelas à eau fouettée par la pluie diluvienne de Brantwhistle, sans accorder la moindre attention aux bannes déjà nombreuses et devant le regard étonné des étalagistes.

            De retour à James, vus leurs tempéraments et intérêts diamétralement opposés Gerry lui a accordé pour ainsi dire un poste de suppléance en attendant le CV d'une raclure du même tonneau que son cinéphile-tueur en série (elle ne sait toujours rien de son chantage déjoué), a repris dans l'intervalle son travail de coiffeuse, lequel n'arrivera jamais à assouvir sa faim de loup.

Liverpool, le 27 mars 1999. 

 

   

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